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La colonne de chute, partie commune de l'immeuble : où s'arrête la part du copropriétaire

L'essentiel

La colonne de chute est une partie commune : l'article 3 de la loi du 10 juillet 1965 range parmi les parties communes les équipements qui servent plusieurs lots, jusque dans les appartements qu'ils traversent. Cette présomption cède toutefois devant un règlement de copropriété qui dirait autre chose. Situer la colonne demande donc de lire les titres, puis de repérer sur place où la canalisation du logement la rejoint.

Ce que dit la loi de 1965 des canalisations qui traversent un appartement

L'article 3 de la loi du 10 juillet 1965 définit les parties communes comme les parties des bâtiments affectées à l'usage ou à l'utilité de tous les copropriétaires ou de plusieurs d'entre eux. Il dresse ensuite une liste de parties réputées communes, parmi lesquelles le gros œuvre, les gaines et les éléments d'équipement commun, « y compris les parties de canalisations y afférentes qui traversent des locaux privatifs ».

Faisceau de tuyaux gris et d'un tuyau rouge, fixés en parallèle par des colliers sur une paroi sombre.
Ces tuyaux verticaux rappellent qu'une colonne de chute traverse plusieurs lots avant de rejoindre le réseau de l'immeuble. Photo d'illustration.

Une colonne de chute reçoit les eaux de plusieurs logements superposés. Elle sert donc plusieurs copropriétaires et entre dans cette définition sur toute sa hauteur, du pied de colonne en cave à sa ventilation en toiture. Le tronçon qui passe dans une salle de bains ou derrière un coffrage de cuisine ne devient pas privatif parce qu'il traverse un lot.

À l'inverse, l'article 2 de la même loi range dans les parties privatives ce qui est réservé à l'usage exclusif d'un copropriétaire. La canalisation qui relie l'évier, la douche ou le WC à la colonne n'est utile qu'à l'appartement qu'elle dessert : elle relève en principe de son propriétaire.

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Règlement de copropriété et état descriptif : vérifier les titres avant de qualifier la colonne

La liste de l'article 3 ne s'applique que dans le silence ou la contradiction des titres. L'Institut national de la consommation le rappelle : le règlement de copropriété et l'état descriptif de division peuvent apporter des précisions ou retenir une définition différente, et l'acte de vente du lot peut en ajouter. C'est donc par eux que commence toute discussion sur une colonne.

Dans le règlement, la recherche porte sur trois passages : la liste des parties communes générales, celle des parties communes réservées à un bâtiment ou à un escalier, et la définition des parties privatives. Une clause qui vise expressément les canalisations intérieures aux lots tranche souvent la question du branchement ; une clause qui range dans le lot une colonne servant plusieurs logements mérite d'être relue avec le syndic avant toute dépense.

Repérer la colonne de chute dans un logement et dans l'immeuble

Sur place, la colonne se trouve presque toujours dans une gaine verticale, à proximité des WC, de la salle de bains ou de la cuisine, et les logements superposés la partagent au même endroit. Les tampons de visite, souvent derrière une trappe, la signalent. En cave, le pied de colonne rejoint le collecteur ; en toiture, la ventilation primaire en dépasse.

Quand plusieurs colonnes descendent côte à côte, il faut savoir laquelle reçoit quel appareil. Un colorant versé dans l'appareil puis guetté aux tampons répond sans démontage. Une caméra descendue depuis un tampon montre ensuite chaque piquage, mesure sa hauteur et révèle les raccordements faits sans autorisation lors de travaux anciens.

Le piquage, frontière entre la canalisation du logement et la colonne commune

Le point de bascule est le piquage, c'est-à-dire l'endroit où la canalisation du logement entre dans la colonne. En amont, l'ouvrage est en principe privatif ; à partir du raccord, il est commun. Un bouchon situé dans le branchement de la cuisine se règle donc entre l'occupant et le propriétaire du lot, alors qu'une colonne obstruée qui fait refouler les étages bas relève du syndic.

C'est pourquoi, après chaque dégorgement de colonne, notre rapport écrit place l'obstruction par rapport au piquage, avec la distance mesurée depuis le tampon ouvert et une image de la caméra. Sans cette localisation, la discussion entre copropriétaire et syndicat repose sur des suppositions.

Le piquage est aussi la limite des travaux d'un copropriétaire. D'après la fiche que le ministère de la Justice consacre aux travaux dans un appartement, une intervention qui atteint un conduit d'évacuation commun doit être autorisée en assemblée avant de commencer, à la majorité de l'article 25. Déplacer une cuisine et créer un nouveau raccord sur la colonne entre dans ce cas.

Fuite, bouchon, chute d'un seul lot, refoulement : quatre situations et la lecture qu'elles appellent

Les mêmes principes s'appliquent aux situations les plus courantes dans les immeubles collectifs, et aucune ne se tranche sans les documents de la copropriété.

Chacune se lit d'abord au regard du règlement de copropriété, puis à la lumière de l'article 3, et enfin avec la localisation exacte du désordre.

  • Un tronçon de colonne fuit dans la salle de bains d'un appartement : la colonne restant commune d'un bout à l'autre, la réparation relève du syndicat, sauf clause contraire des titres.
  • La cuisine d'un logement se vide mal mais les étages s'évacuent : le bouchon se trouve alors le plus souvent en amont du piquage, dans la partie privative.
  • Une chute ne dessert qu'un seul lot, par exemple un duplex sous les toits : faute de servir plusieurs copropriétaires, elle peut échapper à la définition des parties communes, et le règlement tranche.
  • Un refoulement touche le rez-de-chaussée quand les étages rejettent : l'obstruction est dans la colonne ou le collecteur, et le dégorgement depuis le pied de colonne se commande par le syndic.

Colonne de chute et parties communes : cinq repères pour situer la limite

Pour situer une colonne de chute parmi les parties communes, cinq repères suffisent dans la plupart des immeubles.

  • La colonne de chute est présumée commune du pied à la toiture, tronçons traversant les appartements compris.
  • Cette présomption ne joue qu'en l'absence de règle contraire dans le règlement de copropriété ou l'état descriptif.
  • Le branchement propre à un appartement, de ses appareils jusqu'au raccord, relève en principe de son propriétaire.
  • Le piquage marque la frontière, et seule une localisation mesurée du désordre permet de trancher.
  • Toucher à la colonne lors de travaux privés suppose l'accord préalable de l'assemblée générale.

Partie commune ou privative : ce que les copropriétaires demandent sur la colonne de chute

Elles se posent le plus souvent après une fuite ou un bouchon.

La colonne de chute qui passe dans mon appartement est-elle une partie commune ?

En principe oui, puisque l'article 3 de la loi du 10 juillet 1965 compte parmi les parties communes les canalisations des équipements communs, même là où elles passent dans un lot. Cette règle ne s'applique toutefois que si votre règlement de copropriété ne prévoit rien de contraire. Lisez-le, ainsi que l'état descriptif de division, avant de conclure.

Le bouchon est dans l'évacuation de ma cuisine : est-ce à la copropriété de payer ?

Si le bouchon est en amont du piquage, il se trouve dans une canalisation qui ne sert que votre logement, donc privative. La dépense relève alors du lot, et non de la copropriété. Un rapport qui mesure la distance entre le bouchon et le raccord sur la colonne évite toute contestation.

Puis-je raccorder une nouvelle salle d'eau sur la colonne de chute de l'immeuble ?

Pas sans autorisation : le ministère de la Justice indique que des travaux touchant aux conduits d'évacuation communs doivent être autorisés par l'assemblée générale avant leur début, à la majorité de l'article 25. La demande passe par le syndic, qui l'inscrit à l'ordre du jour. Des travaux faits sans l'autorisation requise sont irréguliers, et le syndic peut exiger la remise en état.

Comment savoir quelle colonne reçoit les eaux de mon logement ?

Un test à la teinture le montre sans démontage : un colorant versé dans l'appareil est guetté aux tampons des colonnes voisines. Une caméra passée depuis le tampon permet ensuite de voir le piquage et de mesurer sa hauteur.

Loi de 1965 et fiches officielles : les références de ce conseil

Les fiches de l'Institut national de la consommation et du ministère de la Justice ont été consultées le 9 octobre 2026.

À propos de Rabah

Rabah, expert en débouchage depuis 13 ans

Rabah exerce le débouchage de canalisations depuis 13 ans et intervient à Paris et en Île-de-France. Les conseils de cette rubrique reprennent les questions qu'on lui pose en intervention.

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